La tête dans les étoiles et les pieds dans l’eau

Jour 27 :
Après avoir passé la nuit dans l’Otago Central (dans un camping avec Internet haut débit, gratuit et illimité, anecdotique en Belgique mais une sorte de Graal en NZ), nous prenons la route en direction du Mont Cook/Aoraki, le plus haut sommet d’Australasie (oui, c’est un mot qui existe !) avec ces 3754 mètres. La route est une nouvelle fois magnifique et le beau temps est de nouveau au rendez-vous. Lorsque l’on arrive à proximité du Mont Cook, impossible de le rater tant il domine le paysage avec les autres sommets enneigés avoisinants. Pour ne rien gâter, il est bordé par un lac couleur émeraude, le lac Pukaki. Autant dire qu’on s’en met plein la vue !

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Après nous être rapidement fait des sandwichs au thon comme repas de midi vite avalé, nous nous lançons dans une 1ère randonnée très populaire qui doit nous mener à travers la vallée au pied du Mont Cook. C’est plus une balade qu’une randonnée mais elle est fort agréable et les points de vue sur les sommets enneigés sont magnifiques. L’arrivée se situe au niveau du Hooker Lake dans lequel flottent des icebergs, comme posés à la surface de l’eau.

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Après cette première balade de 3 heures, courte pause le temps d’avaler la « meilleure glace de NZ » pour Laura et un banal organic coca pour Soufiane avant de repartir pour une courte randonnée aux marches d’escalier interminables vers le Tasman Glacier qui recule tous les ans comme neige au soleil.

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Nous devions faire face ensuite à un terrible embarras. Comme le Parc National du Mont Cook fait partie des 10 endroits au monde déclarés « Dark Sky Reserve », nous avions décidé d’en profiter pour être initiés à l’observation du ciel de NZ, qui depuis le début du voyage, nous fascinait par sa richesse, son éclat et par la belle visibilité de la voie lactée. Mais comme ce genre d’activités est clairement tributaire du temps (notamment la présence ou non de nuages), nous avions consulté notre nouvel ami Accuweather qui prédisait une nuit très claire ce soir-là et un ciel beaucoup plus nuageux le soir suivant. Nous avons donc décidé de réserver cette activité d’observation pour le soir-même à Tékapo, à 1h30 en voiture du Mont Cook ! Restait à résoudre les 2 éternelles questions pratiques : où allions-nous manger et où allions-nous dormir ? La logique aurait voulu que l’on mange et que l’on dorme à Tékapo de manière à ne pas avoir à rouler de nuit. … 2 petits problèmes pour mettre en œuvre ce plan imparable : les restos ferment super tôt à Tekapo et les meilleurs camping se trouvent autour du Mont Cook. Car c’est le seul inconvénient du Van : comme c’est à la fois notre voiture et notre lit, on ne peut pas s’installer quelque part pour anticiper la nuit puis repartir en vadrouille pour aller dîner… Nous décidons donc de manger au bord du Lac Pukaki près du Mont Cook dans un camping qui bénéficie d’une vue imprenable…et – nous nous en rendons compte rapidement – d’un accès routier extrêmement casse gueule !

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p1010228Après un rapide repas à la nuit tombante, nous reprenons la route vers Tekapo sans encore savoir où nous allons dormir. Nous trouvons non sans mal le point de rendez-vous pour aller observer les étoiles et faisons une première expérience « Aux frontières du réel » en découvrant des toilettes publiques automatisées probablement d’inspiration spatiale (avec petite musique d’ambiance pour accompagner votre besoin naturel). L’observation des étoiles a été une très belle expérience : Laura était fascinée par ce ciel magnifique et par l’idée que, pour paraphraser Napoléon, « Du haut de ses constellations, quarante millions d’années-lumière vous contemplent », autrement dit par le fait d’observer une lumière qui vient du passé, alors que Soufiane était émerveillé…par le sabre laser du guide, capable de pointer les étoiles et les constellations (comme la croix du Sud) jusqu’à 25km, fonctionnant comme un pointeur laser classique ! Etoiles, planètes et galaxies n’ont plus de secret pour nous ! Fin de ce stage d’observation vers 1h du matin et il nous restait un dernier challenge : trouver un endroit où dormir ! Nous étions épuisés mais Laura a courageusement surmonté la fatigue pour prendre la route de nuit vers un campement au bord d’un lac, l’obscurité n’étant troublée que par nos phares …et la course de lapins et autres bestioles le long de cette route champêtre. Nous arrivons au camp qui est quasi complet et parvenons à trouver une place pour notre Veaulide in extremis et décidons, vu les bêtes qui nous entourent dans l’obscurité, de ne plus sortir du Van jusqu’au lendemain matin.

Jour 28 :
Le lendemain, on se réveille dans un camp qui paraît beaucoup plus hospitalier avec un grand soleil au bord d’un lac et quelques canards qui sont à la recherche de nourriture gratuite. Nous prenons note petit déj sur place, avec Jean-Paul le canard mignon qui rôde dans les parages guettant le Nutella qui tomberait à terre.

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Bon, le camp est en grande majorité germanophone, ce qui est une constante depuis que nous sommes sur l’île du Sud. Nous décidons d’aller profiter de cette belle journée au bord du magnifique lac Tékapo aux couleurs enchanteresses avant de reprendre la même route dans l’autre sens pour grimper avec notre Veaulide jusqu’à l’observatoire où nous avons rendez-vous avec un bagel au saumon qui fait saliver Laura par avance.

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Le paysage vaut le détour (même si le péage pour simplement accéder à la route de l’observatoire est un peu scandaleux) car nous avons un panorama à 360°C sur les montagnes environnantes, les lacs ainsi que le paysage lunaire entourant les observatoires.

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Le bagel est un peu en-dessous de nos attentes mais nous résistons à la tentation de prendre un dessert car…Soufiane a repéré dans le Lonely Planet une boulangerie/pâtisserie pleine de promesse dans un petit patelin sur la route que l’on a prévu de faire l’après-midi. Arrivés à Fairlie (le nom du patelin en question), la petite pâtisserie est littéralement bondée de touristes qui ont visiblement été attirés pour la même raison que nous ! Après cet arrêt gourmand, nous continuons notre route en direction de Christchurch, la maudite. Nous lisons ensemble l’histoire terrible de cette ville frappée coup sur coup par 2 séismes très violents en 2010 et 2011 ainsi que leurs innombrables répliques, qui ont laissé la ville en grande partie détruite et ses habitants courageux assez traumatisés. Même si nous n’avons pas le temps de nous attarder dans cette ville, nous aurions clairement aimé aller à la rencontre de ses habitants qui ont par exemple transformé les trous béants laissés par le tremblement de terre en une sorte de parcours ludique et culturel…Un exemple de créativité mais aussi de solidarité nationale avec l’afflux d’une « armée » de jeunes qui avaient aidé à déblayer les décombres et rechercher les survivants. Nous dépassons Christchurch et décidons de nous en éloigner un peu pour profiter d’un bon camping à un prix raisonnable. C’est là que nous découvrons un nouveau type de camping, où l’essentiel des « campeurs » sont des néo-zélandais qui vivent à l’année dans un camping-car transformé en maison, avec annexe en dur. Une sorte de petit village de vacances assez kitch pour retraité aux revenus moyens.

Jour 29 :
Nous avons repéré entre Christchurch et Kaikoura, une étape un peu inattendue à laquelle nous n’opposons bien sûr que peu de résistance : une nouvelle région viticole, la Waipara Valley. Nous faisons une dégustation de vins chez Pégasus, un des grands noms du coin et faisons des rencontres dont l’intérêt était probablement proportionnel à notre degré d’alcoolémie (le petit dernier de la fratrie qui possède le vignoble, un peu laissé pour compte ; et un surprenant couple franco-néo zélandais vivant à distance – et quelle distance- depuis de nombreuses années !). Ensuite, on passe du prestigieux vignoble à la petite sandwicherie du coin (merci encore Lonely Planet) et autant dire qu’on n’est pas déçus par…nos bagels au saumon ! Pour citer Laura « une tuerie » ! On reprend ensuite la route pour Kaikoura, une route côtière assez jolie mais mise à rude épreuve par le dernier séisme de Novembre 2016. Nous décidons de faire une petite balade sur cette petite péninsule qui est une sorte de paradis des otaries, dauphins et autres albatros. En effet, l’activité sismique a façonné là un écosystème extrêmement riche avec la formation d’une sorte de plateau de sédiments qui s’est recouverts peu à peu d’eau.

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Après la balade, nous retournons à notre camp pour un dîner plus tôt que d’habitude car nous avons rendez-vous le lendemain matin à 5h30 pour notre dernière activité du voyage : nager avec les dauphins !

Jour 30 :
Se réveiller à 5h du matin pour aller nager avec les dauphins, quelle drôle d’idée ! La genèse de cette idée, c’est qu’avant de partir en Nouvelle-Zélande, on avait vu que Kaikoura était le spot parfait pour cette activité et que c’était près de Blenheim où vit Laure, la cousine de Souf. Donc l’occasion parfaite. Puis, survient le séisme de Novembre 2016 à … Kaikoura, laissant la ville coupée du monde pour un temps et coupée de la seule route la reliant à Blenheim pour encore plusieurs mois. Donc Kaikoura tombe à l’eau et on se dit qu’on se rabattra sur Akaroa, une autre péninsule toute proche de Christchurch, qui mêle culture Mauri, une Histoire de colonisation française et un écosystème propice à l’observation des dauphins. Puis, au moment de faire notre activité avortée de canyoning, le guide nous dit que Kaikoura reste accessible par le Sud via Christchurch et qu’ils seraient ravis de nous voir car la fréquentation touristique a dramatiquement chuté depuis le séisme. Ni une ni deux, nous appelons et réservons pour une sortie avec les dauphins vers 9h du matin. Puis, la veille de notre arrivée à Kaikoura, on nous annonce que la météo sera mauvaise et la mer agitée et que donc il vaudra mieux partir avec le bateau de 5h30. N’écoutant que nos cœurs d’aventuriers, nous acceptons en espérant que la mer agitée n’effraie pas ces pauvres petits dauphins que nous voulions voir. C’est ce qui s’appelle voir la paille dans l’œil du voisin et pas la poutre dans le sien. En effet, trop occupés à imaginer que les dauphins pourraient se cacher à cause d’une mer agitée, nous n’avons pas envisagé qu’une mer agitée avait bien plus de chances d’impacter…nos estomacs. Ce fut une expérience inoubliable, aussi bien pour le fait de pouvoir nager dans la mer entouré de plus de 50 dauphins jouant autour de nous à portée de mains que pour le fait de se rendre compte qu’on n’a pas besoin d’être SUR un bateau pour être malade en mer. Nous avons en effet été tous deux littéralement malade EN mer, vomissant nos tripes dans l’eau salée d’une mer inhospitalière. Heureusement, nous avons eu le temps, avant de succomber aux ressacs amples et lancinants de l’Océan Pacifique, de divertir les dauphins de nos bruits et chants plus ou moins mélodieux (le single de Laura chantant « Lemon Tree » sera bientôt disponible dans les bacs !).

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Une expérience féérique donc dont Soufiane a mis la journée à se rétablir. Après ça, cela fut le déluge de pluie et après une courte sieste matinale pour nous remettre de nos émotions, nous avons repris la route…enfin une route car la route côtière de l’aller a été fermée à cause des conditions météo. Ce soir-là, camping gratuit au bord de l’eau pour commencer nos préparatifs pour rendre notre cher Veaulide le lendemain.

Jour 31 :
Une journée de pré-départ avec tout d’abord le rangement final et le nettoyage de notre fidèle Veaulide. Ce furent des adieux émouvants surtout pour Laura qui ne s’est résignée qu’à un au revoir. Ensuite, direction l’aéroport pour remonter une partie de l’île du Sud et toute l’île du Nord jusqu’à Auckland : quel chemin parcouru depuis le départ! Nous célébrons la fin de notre voyage avec un très bon resto cuisine Pacifique, la boucle est bouclée.

Jour 32 :
Après un dernier super petit-déjeuner, nous reprenons à contre cœur l’avion pour revenir dans notre bon vieil hémisphère Nord et dans notre bonne vieille Europe et quittons le mauvais temps pointant le bout de son nez en NZ pour retrouver le beau temps qui vient d’arriver en Belgique.

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